02/11/2006

Facture et sushi

 

Après m'être décarcassée comme une dingue pour mes candidats à l'élection, j'ai eu la très désagréable surprise de voir que leur parti prenait ma facture pour un bulletin de vote. Je m'explique : jouant sur la transparence de mes tarifs, je détaille toujours mes factures sous forme de tableau quoi/combien. Alors que mes poulains ont doublé leur score personnel et le nombre de sièges pour leur couleur, ce qui est plus que nos objectifs de départ, ils ont dépensé leur budget par ailleurs, prenant la liberté de faire imprimer tee-shirts et autres gadgets propagandistes sans mon avis.

Donc, ils prennent aussi la liberté de cocher ce qu'ils comptent me payer. N'étant pas méchante de nature, je peux néanmoins me révéler gargameslesque si y a de l'abus. Or, voir ma facture se réduire d'un tiers sans argument valable me donne des envies de poisson crû enroulé dans de l'algue. Je ne parle plus de mes clients autrement qu'en les qualifiant de morues et cabillauds. Pour le moment, on est dans l'impasse. Chacun campe sur ses positions, car je ne lâcherai rien. Si nous ne trouvons pas de solution équitable, et il n'y en a qu'une, alors, tel que l'autre aimait à le répéter : "Je me vengerai !". Sauf que moi, je fais pas dans la BD... héhéhé.

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30/10/2006

Pas de mythe dans la caverne

 

Juste moi. Emmitouflée au coin du feu, pas un son, pas une lumière, rien ne me vient de l'extérieur. Des semaines que ça dure, et dès que j'entrouve la porte vers le monde, ce qui est à vif en moi saigne. Ma chair et mon âme ne supportent plus rien. Ho, j'entends bien quelques charognes venues couiner aux abords de ma caverne... et pour quoi faire ? Pour un moment dans une maison où l'amour doit être discret, pour un instant suspendu forcément, pour me faire voler l'infime énergie qu'il me reste... Que les gens qui m'aiment restent loin de moi, c'est la plus belle preuve qu'ils puissent me faire. La bête est blessée, et dangereuse.

Parfois, je reste assise des heures durant, à regarder le feu. A d'autres moments, j'arpente mon espace de long en large, de bas en haut... à la recherche de mes mythes, analysant mes failles, faiblesses et échecs, essayant de trouver ce que j'ai de bien aussi. Pas que je sois perdue, non. Je crois que je ne m'aime plus suffisamment que pour aimer ma vie. Diverses impressions me traversent, outre les différents constats auxquels je suis arrivée, celles de regarder ma vie la plupart du temps, de faire des mauvaix choix quand j'agis dessus, ou d'être une mendiante. Je savais être une inadaptée. Je viens de découvrir que je suis une mendiante d'amour. De pitoyable, ça en devient pathétique. Inadaptée, je peux m'en accomoder, mendiante, ça, non.

Au divan, j'ai préféré la caverne. Encore un choix discutable. Mais cette caverne a quelque chose de spécial. J'ai déjà eu besoin de ses services par le passé, et chaque fois, elle me montre des choses. Ou c'est moi qui m'y enfonce de plus en plus. Et j'en ressors avec des précisions mais aussi des solutions. C'est juste une question de témérité.

J'ai ouvert la porte il y a peu. Sous toutes les lumières possibles, je peux affirmer qu'il n'y a pas de mythe dans la caverne, juste moi, et des mites... qui se sont régalées de mes fripes symboliques. Va encore me falloir un peu de temps pour arranger tout ça.

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28/09/2006

Vie de traverse

Votre Boudlard préférée, normal je suis la seule, traverse une période de crise assez intense empêchant toute inspiration et récit rocambolesque ou par trop pluvieux. Ce journal de blog est donc fermé temporairement pour cause de moment de vie merdiqueux (pardon Bille, fallait que je lâche au moins un gros mot dans cette histoire). Ma plume et moi, on reviendra, c'est sûr, mais je ne saurais vous donner la date ou l'heure avec précision. D'ici là, je vous salue bien bas et ne vous oublie qu'à moitié.

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07/09/2006

Néant

Néant

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23/08/2006

Le deal de la Madone

 

Pour faire plaisir à ma Blonde, je l'accompagne avec des potesses à Amsterdam à un big concert mode Bush's country. Evidemment, l'événement du siècle est complet, donc on a farfouillé un site de vente en ligne afin de dégotter des places debout dans le gazon juste devant la scène. Comme on est toutes interdites bancaires ou presque, pas moyen de transactionner à crédit, obligées de faire venir le vendeur en live in Brussels pour lui donner du cash contre les billets. Et c'est moi qui m'y suis collée. Echange de mails hallucinants en anglais, qui se terminaient toujours par un "Light & love" de la part du vendeur..on parvient à un accord sur le prix, la façon de faire et le lieu de rendez-vous.

Ce midi place Rouppe devant la fontaine. J'arrive en courant et en retard avec un sac plein de petites coupures dont je n'ai pas relevé les numéros, la fontaine est ronde, donc trouver le devant s'avère dur. Je cherche du regard un homme au look rock et tatoué percé... que dalle. Je piétinne donc du talon en rongeant mon excitation quand un numéro inconnu appelle sur mon portable. C'est une femme, elle me dit qu'elle est envoyée par Monsieur X pour les tickets, elle me repère de visu et vient vers moi. On raccroche.

De diou d'bon sang, cette femme est une femelle, elle dégage une aura sexuelle de dingue à faire pervertir l'hétéro endiablée que je suis. En approche grand sourire blanc de chez blanc, échange de bisous claquants, elle me demande d'une voix à faire tomber une statue si j'ai l'argent, et elle me montre du bout des doigts les tickets dans son sac. Arrive alors LE moment que j'attendais, mon sac est en fait une mini-valisette de cuir brun, avec un verrou et des numéros de code à entrer pour l'ouverture. Je fais discrètement tourner les chiffres, j'ouvre la valisette doucement, tourne l'ouverture vers elle pour lui montrer les billets de 5 savamment alignés comme dans les films, son oeil s'allume, elle prend une liasse, vérifie si y a pas des coupures de journaux dans le milieu, me sourit et prend les autres liasses. Puis c'est son tour, elle me tend les tickets et me montre qu'ils sont vrais et que c'est bien ceux où on sera debout dans le gazon. Je les transfère dans la valisette, ferme le couvercle, et tourne la molette à chiffres. L'affaire est bouclée en 3 minutes. Professionnelles. Re-bisous de connaisseuses et on s'éloigne l'air de rien. Passée le coin et hors de vue, j'ai fait un bond de joie, fantasme de la valisette accompli ! Et en plus, on ira à Amsterdam, cette histoire va faire des bébés, je le sens !

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17/08/2006

Stock ou stuc ?

 

Ca y est ! Mes clients sont rentrés, bronzés, frais et impatients. Les salauds. Mon téléphone sonne à s'en péter une batterie, j'ai passé une partie de la nuit à repasser mes fringues de boulot, histoire d'être déguisée pour avoir la tête de l'emploi, et tout ce que j'aurais dû faire sans y penser est en passe d'être résolu par mes esclaves adorés. Faut savoir que vous allez voter un des ces 4, et que l'opération séduction va commencer. Chacun affûte ses armes et c'est à celui qui bavera le mieux. Moi, j'aide à faire monter la salive. Pour ce faire, mon équipe et moi, on utilise tous les moyens en croisant les doigts pour qu'ils soient bons.

Résumé d'une aventure de business en stuc : hier, une charmante voix féminine m'appelle et me dit, ma chère, as-tu fini l'affiche, le tract et le site ? Parce que je voudrais mon affiche imprimée pour ce w-e. Heu, mais c'était prévu pour la semaine prochaine... Oui, mais là, j'en ai besoin parce que sinon je n'aurai plus de place sur les vitrines. Bon. C'est la cata. La moindre petite parcelle numérique de ces fichiers n'existe évidemment encore nullement. Parce que mes gars et moi, on est des fichus glandeurs et on sait qu'on frise l'excellence dans l'urgence. Donc pourquoi anticiper ce qu'on fera très bien le lendemain ?

Alors, voilà. Ca fait deux jours que je suis éveillée et que je fais la maman, apportant à boire, à manger et à fumer, avec mes collaborateurs pour qu'ils bossent vite et bien d'un côté, pendant que je baby-site ma cliente en la rassurant de l'autre. Tout en faisant patienter les autres clients avec des excuses en stock : vous aurez tout lundi.

Faut dire aussi qu'ils sont pas chiés. Dans le contrat, il était marqué noir sur blanc qu'ils devaient fournir le contenu de leur bave... ha oui ! Des dizaines de pages de textes j'ai reçu, mais en gros, c'est du caca. On a beau avoir fait des "tempêtes dans la tête" avec eux, ils n'ont pondu que de l'invendable pathétique. Donc, je dois ré-écrire. Bon, ça fait de la caillasse en régie, mais m'en faut plus pour trouver l'inspiration en deux temps... et puis d'ailleurs, qu'est-ce que je fabrique ici à vous raconter des trucs sur les pièges de futurs baveurs ?

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14/08/2006

To be redcrazy !

 

Par un dimanche qui s'annonçait merdiqueux comme celui d'hier, il fallait que je trouve quelque chose à faire d'insensé. Dans une autre vie, j'aurais pu être ferrailleuse de brocante, dans cette vie-ci, j'amasse donc quantité de brols "qui me serviront un jour". Entre autres, des tonnes de tissus, perles, rubans, fils à broder, vieilles fringues... car un jour, je serai styliste. Comme il faut un début à tout, j'ai d'abord commencé par dessiner des patrons de fringues que j'aimerais bien porter. Hum, ça va être costaud...abandon quasi instantané. Je découpe donc des images de modèles dans les centaines de magazines accumulés avant de me décider à les refourguer à ma créatrice. Abandon après courte réflexion pour copier des modèles sur papier glacé.

Faut que je fasse simple pour m'encourager. Je prends donc une robe dos nu qui me va bien, dont le modèle a l'air pas trop compliqué, je mesure tous les plis, je choisis les tissus, et je commence à couper. Puis j'enfile les aiguilles, je réajuste quelques pièces, et je me mets à coudre sur fond de Gothan Project.... j'ai relevé la tête aux petites heures de la nuit, le dos courbaturé, les yeux embués et le doigt gauche comme une saucisse polonaise ! Qu'est-ce qu'il s'est donc passé pendant que je voyais la vie en rouge ? J'ai cousu de la main droite ! Bon, de la gauche, je maintenais le tissu entre l'index et le majeur, mais ça n'explique pas cette déformation gigantesque. Me serai-je fais piquer en pleine concentration artistique ? Au vu de la robe finie, ça doit être une solide bête ! Cette création est ... heu ... tout simplement ... ma première !!! Pour un final pareil, y avait qu'une chose gonzestuelle à faire : pleurer un bon coup. Parce que, l'adrénaline passée, mon doigt s'est mis à me faire horriblement mal, ou parce que c'était trop d'émotions d'un coup, allez savoir.  

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