23/08/2006

Le deal de la Madone

 

Pour faire plaisir à ma Blonde, je l'accompagne avec des potesses à Amsterdam à un big concert mode Bush's country. Evidemment, l'événement du siècle est complet, donc on a farfouillé un site de vente en ligne afin de dégotter des places debout dans le gazon juste devant la scène. Comme on est toutes interdites bancaires ou presque, pas moyen de transactionner à crédit, obligées de faire venir le vendeur en live in Brussels pour lui donner du cash contre les billets. Et c'est moi qui m'y suis collée. Echange de mails hallucinants en anglais, qui se terminaient toujours par un "Light & love" de la part du vendeur..on parvient à un accord sur le prix, la façon de faire et le lieu de rendez-vous.

Ce midi place Rouppe devant la fontaine. J'arrive en courant et en retard avec un sac plein de petites coupures dont je n'ai pas relevé les numéros, la fontaine est ronde, donc trouver le devant s'avère dur. Je cherche du regard un homme au look rock et tatoué percé... que dalle. Je piétinne donc du talon en rongeant mon excitation quand un numéro inconnu appelle sur mon portable. C'est une femme, elle me dit qu'elle est envoyée par Monsieur X pour les tickets, elle me repère de visu et vient vers moi. On raccroche.

De diou d'bon sang, cette femme est une femelle, elle dégage une aura sexuelle de dingue à faire pervertir l'hétéro endiablée que je suis. En approche grand sourire blanc de chez blanc, échange de bisous claquants, elle me demande d'une voix à faire tomber une statue si j'ai l'argent, et elle me montre du bout des doigts les tickets dans son sac. Arrive alors LE moment que j'attendais, mon sac est en fait une mini-valisette de cuir brun, avec un verrou et des numéros de code à entrer pour l'ouverture. Je fais discrètement tourner les chiffres, j'ouvre la valisette doucement, tourne l'ouverture vers elle pour lui montrer les billets de 5 savamment alignés comme dans les films, son oeil s'allume, elle prend une liasse, vérifie si y a pas des coupures de journaux dans le milieu, me sourit et prend les autres liasses. Puis c'est son tour, elle me tend les tickets et me montre qu'ils sont vrais et que c'est bien ceux où on sera debout dans le gazon. Je les transfère dans la valisette, ferme le couvercle, et tourne la molette à chiffres. L'affaire est bouclée en 3 minutes. Professionnelles. Re-bisous de connaisseuses et on s'éloigne l'air de rien. Passée le coin et hors de vue, j'ai fait un bond de joie, fantasme de la valisette accompli ! Et en plus, on ira à Amsterdam, cette histoire va faire des bébés, je le sens !

18:09 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

17/08/2006

Stock ou stuc ?

 

Ca y est ! Mes clients sont rentrés, bronzés, frais et impatients. Les salauds. Mon téléphone sonne à s'en péter une batterie, j'ai passé une partie de la nuit à repasser mes fringues de boulot, histoire d'être déguisée pour avoir la tête de l'emploi, et tout ce que j'aurais dû faire sans y penser est en passe d'être résolu par mes esclaves adorés. Faut savoir que vous allez voter un des ces 4, et que l'opération séduction va commencer. Chacun affûte ses armes et c'est à celui qui bavera le mieux. Moi, j'aide à faire monter la salive. Pour ce faire, mon équipe et moi, on utilise tous les moyens en croisant les doigts pour qu'ils soient bons.

Résumé d'une aventure de business en stuc : hier, une charmante voix féminine m'appelle et me dit, ma chère, as-tu fini l'affiche, le tract et le site ? Parce que je voudrais mon affiche imprimée pour ce w-e. Heu, mais c'était prévu pour la semaine prochaine... Oui, mais là, j'en ai besoin parce que sinon je n'aurai plus de place sur les vitrines. Bon. C'est la cata. La moindre petite parcelle numérique de ces fichiers n'existe évidemment encore nullement. Parce que mes gars et moi, on est des fichus glandeurs et on sait qu'on frise l'excellence dans l'urgence. Donc pourquoi anticiper ce qu'on fera très bien le lendemain ?

Alors, voilà. Ca fait deux jours que je suis éveillée et que je fais la maman, apportant à boire, à manger et à fumer, avec mes collaborateurs pour qu'ils bossent vite et bien d'un côté, pendant que je baby-site ma cliente en la rassurant de l'autre. Tout en faisant patienter les autres clients avec des excuses en stock : vous aurez tout lundi.

Faut dire aussi qu'ils sont pas chiés. Dans le contrat, il était marqué noir sur blanc qu'ils devaient fournir le contenu de leur bave... ha oui ! Des dizaines de pages de textes j'ai reçu, mais en gros, c'est du caca. On a beau avoir fait des "tempêtes dans la tête" avec eux, ils n'ont pondu que de l'invendable pathétique. Donc, je dois ré-écrire. Bon, ça fait de la caillasse en régie, mais m'en faut plus pour trouver l'inspiration en deux temps... et puis d'ailleurs, qu'est-ce que je fabrique ici à vous raconter des trucs sur les pièges de futurs baveurs ?

13:09 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

14/08/2006

To be redcrazy !

 

Par un dimanche qui s'annonçait merdiqueux comme celui d'hier, il fallait que je trouve quelque chose à faire d'insensé. Dans une autre vie, j'aurais pu être ferrailleuse de brocante, dans cette vie-ci, j'amasse donc quantité de brols "qui me serviront un jour". Entre autres, des tonnes de tissus, perles, rubans, fils à broder, vieilles fringues... car un jour, je serai styliste. Comme il faut un début à tout, j'ai d'abord commencé par dessiner des patrons de fringues que j'aimerais bien porter. Hum, ça va être costaud...abandon quasi instantané. Je découpe donc des images de modèles dans les centaines de magazines accumulés avant de me décider à les refourguer à ma créatrice. Abandon après courte réflexion pour copier des modèles sur papier glacé.

Faut que je fasse simple pour m'encourager. Je prends donc une robe dos nu qui me va bien, dont le modèle a l'air pas trop compliqué, je mesure tous les plis, je choisis les tissus, et je commence à couper. Puis j'enfile les aiguilles, je réajuste quelques pièces, et je me mets à coudre sur fond de Gothan Project.... j'ai relevé la tête aux petites heures de la nuit, le dos courbaturé, les yeux embués et le doigt gauche comme une saucisse polonaise ! Qu'est-ce qu'il s'est donc passé pendant que je voyais la vie en rouge ? J'ai cousu de la main droite ! Bon, de la gauche, je maintenais le tissu entre l'index et le majeur, mais ça n'explique pas cette déformation gigantesque. Me serai-je fais piquer en pleine concentration artistique ? Au vu de la robe finie, ça doit être une solide bête ! Cette création est ... heu ... tout simplement ... ma première !!! Pour un final pareil, y avait qu'une chose gonzestuelle à faire : pleurer un bon coup. Parce que, l'adrénaline passée, mon doigt s'est mis à me faire horriblement mal, ou parce que c'était trop d'émotions d'un coup, allez savoir.  

13:57 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

11/08/2006

La foirattitude

Il est de ces incontournables que je ne saurais manquer... tremper mes doigts dans le sucre d'une barbe-à-papa, me casser la voix sur un manège infernal, courir de la Porte de Hal jusqu'à la gare du Midi, en sélectionnant mentalement ce que je vais faire, revenir en arrière et oser sauter dans une voiture au son de la vitesse g, me casser un plombage en croquant dans la pomme... d'amour, m'accrocher d'un côté à la barre de sécurité d'un manège le cul propulsé de l'autre, sentir mes jambes flageolantes, m'asseoir pour récupérer en fourrageant dans un paquet de smoutebollen... bref, je parle de la Foire du Midi.L'an dernier, avec mon Frérot, on y est allé suivant le protocole. D'abord parcourir de haut en bas, se moquer des Samantha et autres pipoles intéressants, choisir les attractions, revenir sur nos pas et passer à la caisse, s'envoyer en l'air et puis déguster. Les crasses en dernier, parce que manger avant d'être agité, c'est pâââs bon. On commence donc gentiment par quelques grands classiques qui vont vite, on crie pour rigoler, ça démarre bien. Crier sur une attraction fait aussi partie de la tradition, plus tu donnes de la voix, meilleur c'est. Si tu n'émets pas de son, c'est soit que tu sens rien, soit que tu fais dans ta culotte. La magie de la foirattitude, c'est de passer d'une attraction à sensation à un truc plus bidon, et vice-versa. Et de garder le meilleur pour la fin, et sans le regarder au préalable, c'est là que réside la surprise. Ben, l'an dernier, on en a eu pour nos euros ! Imaginez un plateau rond, avec des machines à sièges qui tournent en rond sur elles-mêmes, bref, tout tourne. Déjà, au démarrage, on rigolait qu'à moitié tellement ça tournait. Mais cétait sans compter que le plateau se soulève d'un côté pour se mettre en fin de course à la verticale ! Oui oui M'sieurs Dames, tout qui tourne sur un plan perpendiculaire au sol. Donc, du côté haut, t'as l'impression que tu vas t'envoyer en l'air très haut et t'écraser contre le building d'en face, et du côté bas, t'es sûr de t'enfoncer la tronche loin très profond dans le trottoir... quand on s'est rendu compte du manège, il était bien sûr trop tard, on s'est serré très fort la main et on a crié plus fort ensuite : "Pardon Maman, on savait pas !"... la suite n'est qu'un long hurlement agonique pour que ça s'arrête. Quand le plan a retrouvé le sol, on était verts et chancelants... on s'est assis sans voix le long d'un trottoir à l'écart de la foule hurlante. Et on a dû attendre une demi-heure avant de pouvoir terminer en beauté avec le traditionnel paquet de frites andalouse.Cette année, pas moyen de faire venir Frérot, il est traumatisé... mais je crois que j'ai trouvé une autre victime de joie. J'en ai rêvé cette nuit.

12:14 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |