26/06/2006

D'air et de terre

 

Le mélange de soleil et de pluie a ravivé des odeurs d'air et de terre, de chaleur et de froid, de gestes d'équilibre, qui m'évoque une danse comme une façon d'être et de vivre : le tango.

Dans une salle aux lumières tamisées et au décor un peu baroque attend un homme sombre. Guitare en mains, il ne voit rien, il est dans son monde, dans ses bonheurs et ses souffrances, et se prépare à raconter une histoire. Mon partenaire me regarde, les premières notes d'un somptueux tango résonnent, nos mains se lèvent et se trouvent, on cherche le point d'équilibre, quelques pas d'entrée en matière, et test, il force le guidage. Résistance de circonstance. Ola, je suis Moi, apprivoise-moi pour savoir à quelle sauce tu vas être mangé.  

Un tour de piste plus tard, je sais à qui j’ai affaire : quelqu’un de puissant et de très respectueux. La musique me pénètre doucement, sa mélodie autant que ses accents passionnées. Quelques écarts et rapprochements ne mènent qu’à un point, je le sais, son torse me guide vers le haut, ma main gauche glisse vers son cou pendant que ma droite lui serre l’autre main, ma joue touche la sienne, nos corps se touchent et ne font plus qu’un, instant suspendu, pause tempo, la voix de l’homme sombre repart déchirante dans l’histoire, je ne comprends pas les paroles mais je sais que c’est bon, que ça fait mal et que j’en veux encore. Redescente, sur le sol, sur terre, qui après avoir atteint le point culminant nous fait légers, il joue avec mes jambes, mes hanches virevoltent, ma tête est pointée droite vers le ciel. Le temps d’un tango, tout est dit, le sexe, l’équilibre, les secrets, l’amour, la haine, les racines autant que les étoiles.

 

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22/06/2006

Les chemins d'ailleurs

 

Voilà presque deux semaines qu'une paire de pieds bien aimée est partie pour un voyage de 800 kms ! Non seulement le propriétaire des dits-pieds me manque, mais je souffre pour eux de ce chemin de dingue qu'il a VOLONTAIREMENT choisi d'emprunter. Des étapes de 25 à 35 kms par jour, sous un soleil de plomb, dans des endroits somptueux mais reculés de toute civilisation.

Après 5 jours, j'ai reçu un étrange courrier de sa part, très laconique. Il souffre et il se passe des trucs là-bas, je le sens. Les rumeurs disent qu'on ne revient jamais pareil d'un tel chemin.

Marcher, jour après jour après jour, y a de quoi cogiter...

 

 

Les splendides pieds de mon Ratchachat vont-ils être défigurés pour toujours ? Auront-ils une vie après leur longue marche ? Et leur détenteur, sera-t-il toujours lui ? En plus ou en moins ? Qui va t-il croiser en route ? Comment dort-il ? Encore un mois à attendre qu'il revienne, lui et ses pieds. C'est long. Très long.

Reviens Petit Frère ! Je sais que tu es un homme maintenant !

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18/06/2006

Saison des ombres

La saison bat son plein dans les églises, les maisons communales et les salles de fête. Hier, je me suis farcie ce qui a la cote en ce moment : un mariage. Vindiou, quelle plaie. Comme mes amis et ma famille ont jusqu'à présent évité de satisfaire à cette tradition, je me demande chaque fois pourquoi les mariés persistent à m'inviter : j'aime pas ce genre de fiesta sans surprise et donc je leur coûte des sous pour rien, puisqu'en plus, je ne fais pas de cadeau de convenance. Seule activité possible pendant ces longues heures d'ennui (je me vois mal apporter un jeu de cartes ou de plateau, ou pire, entamer une discussion autre que les gosses des uns et des autres) : le profiling.

Je mâte donc à tous yeux, établissant des profils faciles et tirant des conclusions simplistes. Hier, j'avais toutefois 2-3 beaux spécimens à étudier et par souci de professionnalisme, je me devais d'aller vérifier certains aspects de mon examen en allant converser de près avec les sujets. Je n'ai pas été déçue du voyage vers la table des intéressés : ma petite robe de tango m'a permis de centraliser les émotions et mes questions bizarres sont passées comme étant d'un intérêt mineur. Cela m'a permis de récolter une masse d'informations en un rien de temps.

Bon, profiling terminé, qu'allais-je bien pouvoir faire ? C'est alors que mon regard accrocha une ombre. Elle passa si vite que je cru un moment être dans un endroit hanté. Réfrénant mon imaginaire, la détective cartésienne qui est en moi agrandit son champ de vision et aperçut alors plusieurs ombres emplissant la salle de réception de leur imprésence. Déplaçant mentalement les projecteurs, ce que je vis me planta un clou dans le coeur. Une parade d'êtres humains allait et venait entre les tables, servant ici du vin, là du pain, ailleurs ramassait une serviette tombée... puis, je vis, fondu dans un pilier, un homme au regard circulaire. D'un mouvement de cil, il commandait les mouvements de la parade dînatoriale.

Professionnellement, l'exploit de constituer un ballet d'ombres représente le sommet de l'art de servir. Humainement, c'est terrible. Pas un merci ne sort de la bouche des servis. Pas un geste pour aider au placement de l'assiette. A peine quelques rombières placent-elles la main sur leur verre lorsqu'elles voient une bouteille arriver....Une quinzaine d'hommes au service du même nombre de tables. Voilà qui allait m'aider à passer le temps et inventer autant d'histoires sur la vie d'ombre de ces parfaits invisibles.

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16/06/2006

Dépistage journalistique

 

Il y a quelques années déjà, j'étais journaliste dans une grande rédaction... un vieux rêve de petite fille. Au bout d'innombrables fin de mois à bouffer de la vache enragée, j'ai remis quelque peu en question ce métier que j'avais dans la peau et je suis partie vers d'autres aventures. Je serais bien devenue détective, mais fallait passer un soi-disant cycle d'études à la noix alors que j'étais déjà sur-diplômée et que, surtout, je crevais de faim.

Depuis que j'ai ouvert ma petite boîte à moi, l'envie me reprend d'écrire, mais pour le plaisir. Et pas pour faire des articles de fond, je n'ai pas le temps. Hasard de mes envies : un magazine féminin me propose une collaboration. Je me rends donc toute guillerette à leur rédaction hier matin. En prenant l'ascenseur de ce beau building hyyyper design et fooooollement tendance, je devais me retenir pour ne pas faire des bonds en chanson.

Première impression : l'ordre. Tous les bureaux sont rangés nickel, y a pas une pile qui dépasse l'autre. Et puis le silence me saute à l'oreille. Alors ça, ça cloche vraiment ! Une mignonne nana, qui outre un fabuleux sourire de couverture se la joue vachement pétasse décontract avec ses sandales birkenstruc, me parle vaguement du boulot et m'installe devant un Mac étincelant. Mouhahahaha : examen sur mes capacités journalistiques ! J'adore ! Surtout ne pas rire..

Alors, c'est simple, faut faire comme quand j'étais stagiaire dans un quotidien de Charleroi : lire « Le Soir » et pas se casser la tête. A l'époque, « Le Soir » avait encore des journalistes et donc on y trouvait autre chose que des dépêches Belga. Bon ici, c'est un peu différent, on lit le pendant néerlandophone du magazine et on l'adapte en français... « mais tu comprends, faut garder l'esprit de la maison, la petite touche humoristique... ». Puis, Sa Simplissime Splendeur m'a donné une brève à faire sur le dernier « Communiqué de presse » reçu, c-à-d une pub pour un brol Slim-Fast. Bref, une jolie brochette de n'importe quoi.

En deux heures, j'avais avalé, broyé et vomis leurs 10 pages à faire. « Quoi, t'as déjà fini ? » s'interloque la Birkenstruc. Je lui souris et lui dit, "Oui, je dois filer, mais tu vas voir mon dossier, c'est de la merde gratinée comme tu vas aimer. Ceci dit, surtout, prends quelqu'un d'autre que moi pour ce job, parce que ce que je veux moi, c'est tenir une chronique hebdomadaire. Tout y sera : sexe, mélodrame, politique, passions du quotidien, une vraie série où je tiendrai vos lectrices en haleine avec mes ptites histoires. Ha, j'oubliais, je veux bosser d'où je veux et surtout pas dans ces bureaux, c'est mortel. Bon, penses-y et rappelle-moi vite, je file." La meuf est restée collée sur place, bouche ouverte. Oui, bon, j'avoue, j'ai pas pu m'empêcher d'exagérer, mais j'ai été trop déçue... vraiment trop déçue. Et puis, l'ordre et le silence, ça me rend dingue.

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14/06/2006

Néant

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13/06/2006

Néant

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02/06/2006

Néant

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