18/06/2006

Saison des ombres

La saison bat son plein dans les églises, les maisons communales et les salles de fête. Hier, je me suis farcie ce qui a la cote en ce moment : un mariage. Vindiou, quelle plaie. Comme mes amis et ma famille ont jusqu'à présent évité de satisfaire à cette tradition, je me demande chaque fois pourquoi les mariés persistent à m'inviter : j'aime pas ce genre de fiesta sans surprise et donc je leur coûte des sous pour rien, puisqu'en plus, je ne fais pas de cadeau de convenance. Seule activité possible pendant ces longues heures d'ennui (je me vois mal apporter un jeu de cartes ou de plateau, ou pire, entamer une discussion autre que les gosses des uns et des autres) : le profiling.

Je mâte donc à tous yeux, établissant des profils faciles et tirant des conclusions simplistes. Hier, j'avais toutefois 2-3 beaux spécimens à étudier et par souci de professionnalisme, je me devais d'aller vérifier certains aspects de mon examen en allant converser de près avec les sujets. Je n'ai pas été déçue du voyage vers la table des intéressés : ma petite robe de tango m'a permis de centraliser les émotions et mes questions bizarres sont passées comme étant d'un intérêt mineur. Cela m'a permis de récolter une masse d'informations en un rien de temps.

Bon, profiling terminé, qu'allais-je bien pouvoir faire ? C'est alors que mon regard accrocha une ombre. Elle passa si vite que je cru un moment être dans un endroit hanté. Réfrénant mon imaginaire, la détective cartésienne qui est en moi agrandit son champ de vision et aperçut alors plusieurs ombres emplissant la salle de réception de leur imprésence. Déplaçant mentalement les projecteurs, ce que je vis me planta un clou dans le coeur. Une parade d'êtres humains allait et venait entre les tables, servant ici du vin, là du pain, ailleurs ramassait une serviette tombée... puis, je vis, fondu dans un pilier, un homme au regard circulaire. D'un mouvement de cil, il commandait les mouvements de la parade dînatoriale.

Professionnellement, l'exploit de constituer un ballet d'ombres représente le sommet de l'art de servir. Humainement, c'est terrible. Pas un merci ne sort de la bouche des servis. Pas un geste pour aider au placement de l'assiette. A peine quelques rombières placent-elles la main sur leur verre lorsqu'elles voient une bouteille arriver....Une quinzaine d'hommes au service du même nombre de tables. Voilà qui allait m'aider à passer le temps et inventer autant d'histoires sur la vie d'ombre de ces parfaits invisibles.

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Commentaires

service de cons qu'ombre joliment écrit, miss Boud'. C'est ausi parfait qu'un service. ;-) (vacances Grecques du 10 au 25 Septembre)

Écrit par : fun | 18/06/2006

en fait les serveurs, une fois minuit passé, se transforment en créature ignoble, avide de viande humaine ! Ils ont bien évidement pris soin de fermer toutes les issues possibles auparavant et tout se termine dans un bain de sang !

Écrit par : Nola | 18/06/2006

Bonjour Boudlard C'est souvent comme cela, c'est ce qu'on appelle le service incompris !
Bonne journée

Écrit par : Yves | 19/06/2006

c'est si bien dit ... bravo ma boud. t'es une pro.

Écrit par : zelda | 19/06/2006

les damnés de la terre Ma courte expérience dans ce domaine m'a rapidement amené à une conclusion, dans une mesure certaine la restauration est encore un des derniers recoins de l'humanité dites civilisée où le mot esclavage a encore tout son sens. Avec les avions et les écoles maternelles.

Écrit par : Leozz | 19/06/2006

pressionant quel justesse de vue ! tu as fait cela toute ta vie ou quoi ?

Écrit par : tamalou | 19/06/2006

Les ombres Fun : oki, je prends note dans mon joli carnet...
Nola : brrr, j'aime pas les histoires sanguines, je fais des cauchemars alors...
Yves : tout à fait, mais quand c'est pas aussi beau, les servis ne manquent pas de faire de sales remarques
Zelda : merci mais pas autant que toi !
Leozz : et peut-être les caissières
Tamalou : être servie ? Que nenni, j'ai été autrefois à la place de ces ombres... j'avais oublié, le temps et l'argent aidant..

Écrit par : Boudlard | 20/06/2006

Boud' oui, je sais ;-)

Écrit par : Nola | 21/06/2006

ben dis donc tu en mets du temps à descendre du rêve...

Écrit par : fun | 22/06/2006

Fun On ne redescend jamais d'un rêve, on ne fait que chuter lourdement ! Alors, je préfère qu'elle reste sur son nuage ! ;-)

Écrit par : Nola | 22/06/2006

ça m'énerve tu as ENCORE raison...;-)))))))))))

Écrit par : fun | 22/06/2006

Fun C'est toi Ariadne ?

Je suis en train d'écrire, ne sois pas impatiente...

Écrit par : Boudlard | 22/06/2006

Bonjour Boud' Je viens de lire tes dernières aventures, celles que j'avais manquées. J'aime... évidemment.

Écrit par : Artatum | 27/06/2006

Art L'avantage de ton absence, c'est que tu en as eu beaucoup d'un coup ;-)

Écrit par : Boudlard | 27/06/2006

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