14/05/2006

Le petit est devenu grand

 

Les dates et moi, ça fait quatre. Or, les choses sont bien faites puisque ça fait deux semaines qu'on me matraque les sens avec une date que tout être normalement constitué ne peut dès lors plus oublier. Le pire, c'est que la fêtée du jour s'en fiche éperdûment aussi de la date, mais que je n'aie surtout pas le malheur de ne pas faire quelque chose ce jour ! Donc, gnangnanteries obligées... moi qui suis pourtant une quiquinne pur jus à mes heures, les obligations, quelles soient sentimentales ou non, ça me pompe. Comme la journée s'annonce pénible (j'ai du taf en retard à donf, ma future ex-belle-mère sans alliance vient manger, ma maman vient pour le "4h"), je me suis levée du pied gauche en pensant à cette fête et son sens. Elle le sait bien, ma mère, que je l'aime plus que moi. Faut d'ailleurs pas chercher midi à quatorze heure, elle sait tout.

Enfin presque. Elle m'a fait un cadeau pour lequel je n'avais jamais pensé à dire merci. Et pourtant, ça remonte à loin. J'avais 4 ans quand il a pointé sa tête simiesque pleine de poils. Quelques jours après, il était devenu la plus belle chose de la création. Lorsqu'il a marché, on devait lui mettre un harnais avec une laisse tellement son envie de découvrir le monde était grande. Un jour de pêche au seau à la moule dans le ru qui passait devant chez nous, il m'a sauvé la vie grâce à la danse de la pluie qu'il effectuait au bord de l'eau pendant que je me noyais stoïquement. Plus tard, c'est un bol de soupe aux oignons chaudement renversé sur nos slip et culotte qui nous a unit dans la douleur. Les bagarres à la récréation aussi : fallait pas essayer d'embêter l'un de nous ou l'autre arrivait au galop. Il lisait beaucoup pendant que j'interviewais les commerçants du village avec l'enregistreur que mon père m'avait offert. Vinrent les livres dont vous êtes le héros, et son apprentissage du métier de détective privé alors que je m'essayais à la coiffure au henné. Pendant qu'il apprenait par coeur le dictionnaire, j'apprenais à me mettre des couleurs sur les paupières, assorties aux énormes boucles d'oreilles en plastiques bleues que j'adorais. Devenus ennemis à la maison, adolescence oblige, jalousant les loisirs et les possessions de l'autre, nous redevenions soudés en société, riant aux éclats d'un humour que seuls nous sommes à même de capter.... et puis, la vie avance, les disputes de gamins s'oublient, surtout depuis qu'on ne vit plus ensemble, on s'accepte pour ce que l'on est, et le lien de sang renforce cela. C'est un très beau cadeau que ma maman m'a fait là !

Ratchatcha, mon frérot, JTPTDMI !  

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Commentaires

c'est donc la saint BoudlarD? on en apprend tous les jours....belle fête!

Écrit par : fun | 15/05/2006

Fils unique ... Dur de ne compter que sur soi même, surtout quand on n'est pas le fils prodique tant espéré ...

Écrit par : Nola | 16/05/2006

Hum J'ai pas relu mon texte, mais je crois que j'ai dû l'écrire de travers... car mon Ptit frère et moi, on est uniques mais à deux... Hihi, une Saint BoudlarD, ça va faire un carton dans les boucheries ca !

Écrit par : Boudlard | 16/05/2006

émouvant quel bonheur de lire ce texte .... c'est beau l'amour fraternel

Écrit par : tamalou | 15/06/2006

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