21/04/2006

Putes et bambou

 

Tout allait bien ce matin : réveil en fanfare, coup de fil d'une cliente à l'heure où mes yeux collent encore, café, douche, je cours dans la maison tel Speedy pour trouver fringues et chaussures, je saute dans ma voiture (y a un toit ouvrant, ça facilite), le moteur vrombit à mon appel, démarrage, radio... Classic 21 lance un morceau et aux premières notes, je sais ce qu'il va se passer ! Mon coeur va hésiter entre sourire et pleurer... 

Embouteillage rue des Dames, les petites queues à voitures tunées ou non mâtent et testiculent déjà, il est 8h45 et c'est l'heure de pointe pour les filles. La voix de Bob Dylan me transperce, chaque Hurricane lancé me file droit dans le cerveau comme le ferait une ligne de coke, et chaque instrument me touche l'âme en racontant son histoire... à l'époque où j'entendais cette chanson, je ne comprenais pas l'anglais, aujourd'hui oui, mais ça importe peu, j'écoute pas les paroles : cette musique me fracasse contre les murs.

La file avance, on roule à du deux, une fille superbe me regarde à travers sa vitre et la mienne, elle me sourit mais son regard est éteint, cassé. Je détourne la tête pour trouver mes lunettes de soleil, j'ai une saloperie de boule d'Atomium coincée dans la gorge... p'tain !!! Et l'autre bite devant moi qu'avance pas !! Si j'étais un mec, je sortirais de ma bagnole pour lui faire sa fête à ce glandu de la vie... le bout de la rue approche, ça se désengorge, je passe enfin la 3ème vers la verdure du Botanique... toujours Bob dans les oreilles, feu rouge, je chante à tue-tête, j'essaye de me remettre un filtre rose devant les yeux, un type dans la voiture d'à-côté me fait un salut en souriant d'un air goguenard, je lui tends mon doigt du milieu, et puis non, flûte, soyons trash, je lui fait mon plus beau bras d'honneur.

Les dernières notes retentissent, je coupe la radio, quelques instants après, j'éteins le moteur, suis arrivée au bureau. Quasi-indemne : la crise noire a pas eu lieu. J'ouvre le coffre de titine pour prendre le ravissant montage en bambou de la chance que ma mère m'a offert, et c'est ce bout de vert d'amour qui va sauver ma journée. Ouf.

11:06 Écrit par | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

BoB le propre d'un hurricane, c'est de tout dévaster

Écrit par : fun | 22/04/2006

On avait dit, On avait dit plus de pommade mais j'avoue, je m'étrangle d'euphorie devant ton :
"les petites queues à voitures tunées ou non mâtent et testiculent déjà"... J'ignore si c'est voulu mais c'est exquis !

Écrit par : Artatum | 25/04/2006

Tornado des mots MamZelle Fun, j'adore les rebondissements que tu fais prendre à mes textes... je me dis alors : "mais bon sang (qui ne saurait mentir, huhu), pourquoi n'y ai-je pas pensé !?!?!"
Artatum, c'est sorti tout seul en le faisant un tout petit peu exprès. Faut savoir que j'adore dire des gros mots mais que je déteste la vulgarité, donc j'apprends à jongler et je suis TRES contente de ton euphorie... va savoir pourquoi.

Écrit par : Boudlard | 25/04/2006

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