27/02/2006

Un quartier "en devenir", de quoi ?

 

Mon camping, c-à-d la maison achetée pour une bouchée de pain et où tout a été refait mais pas fini, est situé dans un quartier en devenir depuis dix ans. Gare du Nord. J'espère que le "en devenir" deviendra car c'est franchement pas la joie. De ma position, je vois :

  • à l'ouest, des buildings clinquants à perte de vue remplis de flamands pressés. Pas un magasin. Point positif : les couchers de soleils se réflètent sur les constructions futuristes et c'est parfois très beau;
  • à l'est, un quartier moyennement pauvre à très pauvre, multiculturel, fait de maisons grises à pourries, remplies de familles qui se cachent, et ce pour des raisons parfois très différentes. Quelques magasins-nights shop où le point commun est que les gérants sont vraiment pas sympas et font souvent des prix 'spécial belge'. Ex : je paie 1 euro le paquet de Bublicious (les meilleures chiques à bulles qui soient!) alors que ca coûte 40 centimes à mon ptit voisin (je vais le payer 10 centimes le paquet pour qu'il aille m'approvisionner). Un petit immeuble tout neuf déjà gris et où à la place de l'allée verdoyante qui le traverse et qui était censée être un point de passage avec magasins pour les habitants du quartier, se trouve une allée cimentée, fermée de toutes part par d'immenses grillages. Ca ressemble à une prison américaine. Point positif : mes voisins me disent enfin bonjour;
  • au nord : un parc selon la Commune, une grande étendue de gazon jaunâtre vue de chez moi. Pas un buisson. Pas de bacs à fleurs. Une mini-plaine de jeux pour les enfants, entourée de grillages. Au milieu, un bunker qui fait froid dans le dos : une asbl de-je-sais-pas-quoi, il ne s'y passe jamais rien. Un grand hotel où je me demande bien qui va dormir. Et derrière, de lugubres cités à la française. Point positif : toujours de la place pour se garer et aucun dégât à ma titine.
  • au sud : une rue avec des maisons où je ne vois jamais personne dedans. La voie ferrée. La rue des Dames (purée, adios les clichés, ces nanas sont des bombas ! Vulgos, certes, mais superbes. Et elles turbinent dès 7h30 du matin ! Je ferai un jour un ptit billet sur les clients de ces dames, ca vaut de l'or). La rue de Brabant : commerces en tous genres sauf boucheries et épiceries. Point positif : les prix sont affichés donc c'est pareil pour tous (quoique : mon pote d'origine exotique a marchandé ses verres à thé malgré le prix sur le paquet et ca a marché) et surtout, surtout, l'impression d'être en vacances à 2 pas de chez soi. Y a un boui-boui qui sert des plats comme au pays (soupe de lentilles et tajine de poulet citron et olives à faire des cumulets de bonheur !).

L'impression générale qui se dégage de ce drôle de fatras, c'est la saleté permanente, une grisaille ambiante qui ne s'estompe pas au soleil, l'antipathie des habitants et commerçants, un sentiment de malaise (non pas d'insécurité, ni de peur, juste un mal-aise), des voitures de police partout tout le temps (c'est choquant tellement c'est trop) et la pauvreté qui n'a pas de couleur. Alors mon quartier, ben j'avoue, j'aime pas ! Je regrette mon village d'Ixelles, où je connaissais tout le monde et où je pouvais flâner à l'aise. Ici, pas de balade, y a rien à voir, personne à saluer, pas un bistrot où prendre un café, pas une épicerie où aller ragôter... bah, je m'y ferai peut-être, quand mon quartier sera devenu.

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