31/01/2006

Parler en toute franchise mais ne jamais dire la vérité

 

C'est l'histoire d'une nana très réservée. Un jour, quelqu'un, qui a de l'importance à ses yeux, décide de lui poser des questions. Toutes sortes de questions : des bêtes, des essentielles, des pièges, des rigolotes, des dérangeantes.... elles semblent toutes avoir un point commun : elles demandent de la franchise. En apparence en tout cas. Et ce n'est pas un jeu. La nana, qui généralement évite les questions comme la peste, ou mieux, à qui on ne pose que très rarement des questions, décide de prendre son courage à deux mains et d'y répondre, à ces questions-là, de cette personne-là.

 

Lentement d'abord, elle ôte ce qui lui semble le plus facile, la couche superficielle qui n'est que l'apparence que l'on donne aux choses essentielles de soi... la pièce où elle se trouve n'est pas faite pour la mettre à l'aise dans cet exercice. Il y fait froid, le questionneur regarde ailleurs. Couche après couche, elle continue courageusement d'ôter les mots de son esprit... pendant cet effeuillage timide, son esprit carbure à toute allure, essayant d'aligner des suites logiques avec les mots qui lui appartiennent... le questionneur la regarde alors, et lui dit " Veux-tu que j'intervienne maintenant ou j'attends que tu aies fini de répondre ?"

 

Or, de questions en mots de réponse, elle est tellement dedans qu'elle se dit qu'il vaut mieux aller jusqu'au bout, car pendant qu'elle se déshabille, elle se rend compte qu'elle aime ca et c'est dans une sorte d'heureuse frénésie qu'elle finit par tout enlever... du moins par rapport à ce qui a été demandé. Les heures passent et elle revient tout doucement à elle. Le froid a de nouveau pris le dessus dans la pièce. Le questionneur est absent, le regard ailleurs. Elle se demande alors si les mots étaient bien alignés, si leur sens correspondait à sa réalité à elle, si le questionneur pouvait entendre, voir, sentir... apprécier peut-être, ou du moins recevoir les réponses.... elle se demande si elle n'aurait pas dû beaucoup plus réfléchir avant de lancer les mots vaguement emphrasés.

 

Au froid s'ajoute le silence. Le questionneur n'est plus là. La pièce devient presque invivable. Au manque spirituel s'adjoint le manque physique. Elle reste là, seule, mise à nu de ci de là... et ne sait que faire. Se prélasser malgré tout encore un peu dans cet espace où le bonheur ne tient qu'à peu de choses, dans cet état où elle est elle... ou à pas feutrés s'en aller, sans éclat, sans joie, et ne sachant pas si finalement répondre aux questions en toute franchise et en disant la vérité n'a pas précipité le départ de la pièce. De l'un ou de l'autre des deux protagonistes de cette histoire.

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26/01/2006

Que faire de nos vieux ?

 

Ce que j'aurais aimé qu'il n'arrive pas est là : ma grand-mère disjoncte des neurones de plus en plus, et vient de se casser la hanche. La galère. En plus, je ne peux même pas être triste à mon aise, va falloir que j'assure, pour elle d'abord, pour mes proches ensuite.

Sa fille, ma tante, habite loin en province et s'en lave les mains. Elle fait le strict nécessaire, c-à-d ses courses une fois par semaine, en profitant pour remplir son caddie perso aussi. Son fils, mon père, étant décédé, c'est mon frère et moi qui prenons le relais affectif. On passe régulièrement lui faire un câlin, s'empiffrer des crasses dont elle adore nous gaver, et regarder "Questions pour un champion" à la télé ou commenter les derniers matchs de foot qu'elle affectionne.

Or, là, c'est la dégringolade depuis quelques mois... elle ne se lave plus, ne s'habille plus, perd un peu la boule, et vient de tomber dans les escaliers. Hanche cassée, probablement Alzeihmer entamé. Sa voisine, qui est une vieille amie, nous dit qu'il faudrait la "placer"... Ouhhhhhh, quel horrible mot !! Je suis sûre que ma tante ne demande pas mieux comme ca elle vendra les meubles, les souvenirs et la grosse maison... Ayant déjà eu des décès familiaux, je sais maintenant qu'il ne faut pas laisser l'émotionnel prendre le dessus. Alors que je ne voudrais que chouchouter ma grand-mère, je sais qu'il va falloir très vite que j'affûte mes armes....

Et si je prends du recul, je me dis qu'il y a quand même quelque chose qui cloche : que faire de nos vieux quand ca ne va plus ? Comme dirait l'autre, ne fais jamais à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse. Ben justement, je serais mortifiée qu'on me "place" un jour...

 

 

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23/01/2006

De la communication comme on en fera plus !

 

Lu dans Le Soir au printemps dernier :

 

Moi,

Paul Arits

Né à Bruges le 18 février 1936, annonce mon décès à Jette le 21 avril 2005, après une longue et pénible maladie.

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L'angoisse, construction de la raison ou émotion pure ?

 

Ma tête est une grande pièce en bois, spacieuse, lumineuse et aérée. J'y range toutes sortes de choses auxquelles je tiens, de manière délibérée, mais viennent s'y entasser également un tas de brols dont je ne sais que faire. Parfois, je prends mon courage à deux mains et je fais le ménage, mais pas beaucoup car j'aime assez ce mêli-mêlo de souvenirs, d'images, de couleurs, de parfums ou d'émotions. Toutes ces choses me font ou font partie de moi. Peu importe, ce qui est sûr, c'est que ca se passe à l'étage du dessus, que je le veuille ou non.

 

Ô, il y a bien des fois où je voudrais changer certains objets de pièce. Aller les caser plus bas, et quand vraiment ils m'emmerdent, les jeter. Illustration de ce propos : petite, je me suis noyée à deux reprises. Une première fois alors que je n'étais qu'un nourrisson et que ma mère me faisait prendre un bain. Elle se retourne pour prendre un essuie et j'en ai vite profité pour faire un cumulet tête dans l'eau. En quelques secondes à peine, je venais de rencontrer ma première angoisse, celle qui ne voudrait plus me quitter avant longtemps. Trop petite pour m'apercevoir que cette chose gluante était entrée dans ma tête, j'ai continué ce qui faisait mon quotidien : boire, manger, dormir... grandir.

 

Trois ans plus tard, mon père décide qu'il est temps que j'apprenne à nager. Il y a à cette époque un facteur dont il s'est déjà rendu compte et qu'il combattit fermement pendant des années : mon indéfinissable peur. En effet, petite, j'étais une grande couillonne. Je vous passe les centaines de fois où j'ai dû aller chercher du bois dans la remise du jardin alors qu'il faisait nuit noire et que notre maison était entourée par les bois....

 

La nage donc. Nous sommes en Turquie, la mer est belle, il y a du soleil. Je suis une petite fille heureuse. Et dans l'eau, à quelques mètres de la plage, je remue des gambettes, les mains accrochées à un coussin gonflable, sous l'oeil attentif de l'homme qui m'a donné son nom. La leçon de natation semble bien se passer. Deuxième étape, celle du petit chien. Mon père retire le coussin, et je me noie une seconde fois. Je remonte et replonge, la panique me gagne, j'étouffe, j'ai beau gigoter de toutes mes forces, je suis aspirée par l'eau...trou noir.

 

A 17 ans, je me suis inscrite à un cours de plongée sous-marine, où j'ai dit au moniteur : "Je ne sais pas nager, j'ai une trouille bleue de l'eau et des animaux de mer, et j'angoisse complètement dès que j'ai la tête sous l'eau". Quelques semaines plus tard, je savais nager et l'été suivant, je (me) jouais dans (de) l'eau.

 

Et ce fut le début d'un énorme nettoyage dans ma jolie pièce en bois. Ca ne m'arrive pas souvent, car je suis alors obligée d'utiliser les grands moyens et n'étant pas une spécialiste, j'angoisse à l'idée de faire des dégâts.

 

Dans le même ordre d'idées, mais placé différemment, traîne une chose dont j'aimerais me débarrasser... j'ai une peur panique du viol. C'est réellement une angoisse profondément ancrée en moi. Rien que son évocation dans un livre ou un film me donne la nausée, une grosse boule s'installe dans ma gorge, mon coeur est prêt à exploser, je tremble de partout. Cette horrible chose est là, chez moi, dans ma pièce et faut que je m'en débarrasse. Pas moyen ! Elle court dans tous les sens, joue avec mes nerfs et me sème à chaque fois. Si un jour, je la croise hors de la pièce et me fais violer, je crois que je me laisserai faire en m'isolant parmi mes objets préférés...ou j'arrêterai de respirer car j'aurais alors rencontré ce qui me ferait mourir de peur.

 

Ma grand-mère me dit que pour elle, ce serait le plus beau dernier cadeau qu'on pourrait lui faire, se faire baiser une dernière fois avant de crever. Mais elle, rien ne lui fait peur, elle ne ressent aucune angoisse, n'a aucun désir, aucune envie. C'est peut-être lié.

 

Il fait plein soleil sur ma pièce, ces temps-ci, elle resplendit. Ca n'a pas toujours été comme ca, mais depuis quelques temps, cette pièce est belle quoi qu'il arrive. J'y traîne régulièrement, à regarder, à toucher, à m'y prélasser. Et parfois, je n'y vais pas pendant des semaines, mais j'y reviens toujours avec plaisir, ramenant de nouveaux objets, rangeant les anciens, astiquant certaines belles choses, enfermant dans les tiroirs de mon meuble magique préféré les éléments auxquels je tiens le plus. Je mets en scène les couleurs, les souvenirs, les impressions, les émotions... ha oui, je ne vous avais pas dit, je ne peux pas descendre ces objets plus bas que cette pièce du haut, mais je peux par contre en remonter certains qui viennent de plus bas, pour les admirer vu d'en haut.

 

Alors, vous savez, l'angoisse, hein, ce que j'en fais ! Celle qui est construite par je ne sais quel événement, ben je la balance aux oubliettes de mon âme, et celle qui est imaginaire, je n'y fais pas trop attention, elle aimerait trop que je lui donne de l'importance.

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22/01/2006

Les poules ont des dents

 

On a beau se dire que l'an 2011 est loin et que ceci ou cela vous arrivera quand les poules auront des dents, et bien, c'est fait, elles en ont ! Car, ca y est, les premiers poils blancs de ma zézétte sont arrivés ! Au secouuuuuuurrrrsss !!! Je vieillis même du cul ! C'est quoi cet enfer ?!?!!

 

Je veux de la teinture, un shampoing colorant spécial foufoune, une épilatrice-magique-que-les-poils-repoussent-mais-bruns ! Rââââ, je décrépis, de PARTOUT !

 

Je meurs déjà, ca commence, je le sens. Encore 30 ans à tirer si j'arrête pas de fumer, PLUS si j'arrête !! Et tout fout le camp ! Vite, du whisky, des clopes, de la coco, de la beu, euh.. chais pas moi, des frites trop cuites, de l'aspartame, des rayons X.... ou, non tiens, des implants ! Ouiiii, c'est ca la solution !!!! Des faux poils de kiki greffés, doux et soyeux, disciplinés et bruns ! Tant qu'on y est, je vais me greffer un nouveau trou de pet car le mien est esthétiquement endommagé par un hémorroïde, et puis les nénés un peu plus hauts et fringants, les rides de mes yeux, hop, disparues, mon gras un peu partout, zou, aspiré, mes cheveux un peu ramollos, zwip aussi, je veux une chevelure de lionne, des faux cils longs et touffus collés pour toujours, et euh, tant qu'à faire, je veux bien la peau plus lisse partout.... J'oublie rien ? Si !! Mes dents ! Blanches, sans caries ni plombages et au complet, svp !

 

Récapitulons : trentenaire en perdition cherche mécène pour sponsoriser batteries de poules sans dents !

12:34 Écrit par | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |